L’impact de la directive NIS 2 sur les PME et ETI : Êtes-vous concernés sans le savoir ?

28.Jan.26

La montée en puissance des cybermenaces ne concerne plus uniquement les grandes infrastructures critiques. Attaques par rançongiciel, compromission de prestataires, exploitation de vulnérabilités logicielles… : les incidents se multiplient et touchent désormais l’ensemble des chaînes de valeur.

C’est dans ce contexte que l’Union Européenne a renforcé son cadre réglementaire avec la directive NIS 2 (Network and Information Security) qu’elle a adoptée en 2022, et dont la transposition en droit français a été engagée en 2024.

Cette directive impose de nouvelles normes de cybersécurité pour renforcer la résilience des systèmes d’informations des entreprises face aux cybermenaces.

Si théoriquement la NIS 2 vise en priorité les organisations dites « essentielles » ou « importantes », elle touche en pratique un périmètre bien plus large, incluant de nombreuses PME et ETI, parfois sans qu’elles en aient pleinement conscience.

Pour les directions générales, les DSI et les RSSI, la question est donc de savoir si la directive s’applique, mais aussi comment s’y préparer de manière réaliste et proportionnée.

 

Directive NIS 2 : de quoi s’agit-il concrètement ?

La directive NIS 2 marque une évolution notable par rapport à la première version du texte (NIS 1). Elle vise à homogénéiser et renforcer le niveau de cybersécurité des organisations européennes face à des menaces cyber de plus en plus structurées et industrialisées.

Au-delà d’un simple durcissement des règles, NIS 2 introduit une logique de maturité globale : elle attend des organisations qu’elles soient capables d’anticiper les risques, de détecter des incidents, de limiter leur impact opérationnel et d’organiser leur retour à la normale. La continuité d’activité devient ainsi un sujet central, au même titre que la protection des systèmes d’information.

Pour les directions IT et sécurité, l’enjeu est désormais de structurer leur stratégie de cybersécurité dans une démarche transverse de conformité à la NIS 2 incluant : la gouvernance, la gestion des risques, les mesures techniques, les procédures opérationnelles et l’implication des instances dirigeantes.

Une directive dont la portée s’étend aux PME et ETI

L’un des apports majeurs de NIS 2 réside dans l’élargissement de son champ d’application. Là où NIS 1 ciblait principalement les grandes entreprises de services essentiels et de services numériques, la nouvelle directive prend en compte la réalité des écosystèmes numériques : en effet, les grandes organisations ne sont pas totalement protégées si leurs fournisseur et sous-traitants, essentiellement des PME et ETI, sont vulnérables. À ce titre, leur niveau de cybersécurité devient un enjeu collectif. Une défaillance chez un fournisseur peut suffire à compromettre l’ensemble d’une chaîne d’approvisionnement.

La directive distingue plusieurs secteurs dits « hautement critiques » et d’autres considérés comme critiques.

Sont considérés comme hautement critiques les PME et ETI opérant dans les secteurs suivants :

  • Énergie
  • Santé
  • Transport
  • Espace
  • Eau
  • Administrations
  • Banques
  • Infrastructures numériques

Dans la catégorie des secteurs critiques, on retrouve les petites et moyennes entreprises des secteurs :

  • Agroalimentaire
  • Chimie
  • Logistique
  • Gestion des déchets
  • Fournisseurs numériques
  • Industrie
  • Recherche

Si vous êtes une PME ou ETI opérant dans ces secteurs ou fournissant des services à des acteurs de ces secteurs, cela nécessite une analyse attentive de votre exposition réglementaire. L’enjeu consiste à évaluer votre position réelle dans cet écosystème : rôle joué, dépendances numériques, niveau d’exposition aux incidents et attentes contractuelles de vos donneurs d’ordre.

Comment se préparer à la conformité NIS 2 ?

Se conformer à NIS 2 ne se résume pas à déployer quelques outils de sécurité supplémentaires. La directive encourage une approche cohérente, adaptée au contexte de chaque organisation.

La première étape consiste généralement à mieux connaître son propre système d’information : cartographie des actifs critiques, identification des flux sensibles, évaluation des risques cyber et des scénarios d’incidents plausibles. Cette phase permet de prioriser les actions, plutôt que de disperser les efforts.

Sur cette base, les organisations peuvent renforcer leurs dispositifs existants : politiques de gestion des incidents, mécanismes de détection et de surveillance, contrôle des accès, protection des données sensibles, sécurisation des environnements applicatifs et infrastructures. La directive prévoit également des obligations de notification des incidents significatifs, avec des délais progressifs et des niveaux de reporting adaptés à la gravité de l’événement. Un autre point clé concerne le facteur humain. Les attaques exploitent encore largement des erreurs ou des comportements à risque. La sensibilisation des collaborateurs et l’appropriation des bonnes pratiques font donc partie intégrante de la démarche de conformité.

Enfin, NIS 2 introduit une responsabilité accrue des dirigeants. La cybersécurité n’est plus uniquement un sujet technique : elle devient un enjeu de gouvernance, avec des implications juridiques, financières et réputationnelles en cas de manquement.

Anticiper plutôt que subir : l’intérêt d’un accompagnement spécialisé

Pour une PME ou une ETI, aborder NIS 2 peut sembler complexe, voire disproportionné au regard des ressources disponibles. Pourtant, une approche progressive et bien cadrée permet d’atteindre un niveau de conformité réaliste, aligné avec les enjeux métiers.

Chez Inflexsys, nous accompagnons les PME et ETI dans la structuration de leur cybersécurité : évaluation de maturité, audit NIS 2, définition de plans d’actions pragmatiques et mise en œuvre de solutions adaptées. L’objectif n’est pas de sur-sécuriser, mais de construire un dispositif cohérent, compréhensible et durable.

Dans un contexte réglementaire en évolution, anticiper ces sujets permet non seulement de limiter les risques de sanctions, mais aussi de renforcer la confiance des clients, partenaires et donneurs d’ordre. La cybersécurité devient alors un véritable levier de résilience et de crédibilité pour l’entreprise. 💬Parlons-en !

 

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