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[Infographie] E-santé et santé connectée, de quoi parle-t-on ?

[Infographie] E-santé et santé connectée, de quoi parle-t-on ?

Le terme d’E-santé recouvre un ensemble d’innovations s’appuyant sur les nouvelles technologies et répondant à des usages en rapport à la santé. Comme le soulignait déjà en 2016 le rapport Pipame – E-santé*, ces technologies peuvent contribuer efficacement au « parcours santé » sur les cinq activités que sont : le renforcement de la prévention et de la médecine prédictive ; le développement du « bien vivre » et du maintien en bonne santé ; l’accès pour tous à des soins de qualité ; l’accompagnement des patients; et l’information des patients et praticiens permettant une plus grande autonomie des uns et une meilleure proactivité des autres.

Plus récemment, le Conseil national de l’Ordre des médecins, recommandait de considérer l’E-santé « comme un ensemble de moyens permettant d’améliorer l’accès aux soins, la qualité des prises en charge, l’autonomie des patients. »

On voit donc bien dans ces deux définitions que l’e-santé donne l’opportunité au système de santé français qui s’est « bâti autour du soin », de s’étendre à d’autres activités liées à la prévention et à l’accompagnement des patients.

Mais lorsqu’on parle d’e-santé, de quoi parle-ton réellement ? Quelle est l’importance des dispositifs connectés dans son développement ? Nous vous proposons ici, un rapide tout d’horizon de ce que couvre le terme d’e-santé, de son lien avec la santé connectée, de ses promesses et enfin, des freins qui en conditionnent la mise en œuvre.

[Infographie] E-santé et santé connectée, de quoi parle-t-on ?

 

M-santé, santé connectée, télémédecine, quantified-self…

Le glossaire de l’e-santé est vaste… à l’image de la créativité des concepteurs de solutions s’appuyant sur le digital. Voyons cela plus en détail :

La m-santé : ce terme couvre, selon la définition qu’en donne l’OMS, « les pratiques médicales et de santé publique reposant sur des dispositifs mobiles tels que téléphones portables, systèmes de surveillance des patients, assistants numériques personnels et autres appareils sans fil ». Selon le cabinet Reseach2Guidance**, on pouvait compter en 2017 près de 325 000 applications mobiles de santé, toutes plateformes de téléchargement confondues (dont 72 000 nouvelles apps rien qu’en 2017) ; les principales catégories représentées étant « Médecine » (appli diffusant essentiellement de la documentation médicale) et « Bien-être ».

La santé connectée : ce terme recouvre tous les dispositifs de santé s’appuyant sur les objets connectés tels que les balances, les tensiomètres et les traqueurs d’activité. Cela comprend également la domotique s’appliquant à la santé et au bien-être (capteurs anti-chutes, gestion d’alertes, analyse de comportements…) Cela fait plusieurs années déjà que les analystes du marché prédisent l’explosion du marché des objets connectés de santé. Si le secteur de la santé est l’un des plus prometteurs en matière d’IoT (Internet of Things), la révolution que ces objets induisent dans la sphère médicale freine leur pénétration du marché.

La télémédecine : ce terme recouvre la téléconsultation, le télédiagnostic, la téléexpertise, la télésurveillance médicale (possibilité de suivre à distance des données nécessaires au suivi médical d’un patient), la téléassistance médicale. La décision prise par l’Assurance maladie en septembre dernier de rembourser les actes de téléconsultation est un premier pas sur le chemin de la prise en charge à distance des patients et sur l’utilisation des nouvelles technologies dans le parcours de soins. L’institut d’études Berg Insight estime que le nombre de patients utilisant des dispositifs de monitoring à domicile, équipés sous le contrôle de professionnels de santé, devrait exploser dans les années qui viennent, avec un taux moyen de croissance annuel de 47,9%. Ces dispositifs s’appuient en grande partie sur la m-santé et sur des objets connectés.

Le Quantified-Self regroupe selon Emmanuel Gadenne***, « les outils, principes et méthodes permettant à chacun d’entre nous de mieux connaître, de mesurer des données relatives à notre corps, à notre santé, à notre état général ou aux objectifs que nous nous fixons. » Cette pratique n’est pas nouvelle, si ce n’est qu’aujourd’hui elle s’appuie, elle aussi, sur la m-santé et sur les objets connectés de santé.

 

Promesses de la santé connectée et freins à son déploiement

On voit donc dans les quelques exemples précédents qu’e-santé et santé connectée sont intimement liées. Les projets et mises en œuvre originaux de la santé connectée fleurissent et ses promesses sont nombreuses.

La commission européenne en énumère 3 principales pour les patients : prévention accrue et meilleure qualité de vie ; systèmes de santé plus efficients et plus durables, patients plus responsables. Pour les professionnels de santé, la consultation en temps-réel d’immenses bases de données au travers des nouvelles technologies constitue une aide précieuse dans le cadre de l’exercice médical. La téléexpertise qui permet de recueillir rapidement l’avis d’un confrère expert ou encore la télésurveillance de malades chroniques apportent de réels bénéfices au praticien comme au patient.

Cependant, à l’exception de l’accompagnement et du traitement de certaines maladies chroniques (notamment le diabète), le marché de la santé connectée est encore émergent, et cela pour plusieurs raisons**** : notamment, la faible visibilité des objets connectés de santé auprès des patients ; la faible recommandation de ces objets par les médecins et leur distribution limitée dans les pharmacies ; le manque de labellisation et le non-remboursement par l’Assurance maladie et les complémentaires santé ; le manque de confiance dans la protection des données personnelles et dans la confidentialité des données de santé ; le manque de confiance dans la fiabilité des objets connectés (à des fins de diagnostic médical), le défaut de validation clinique.

 

Si les freins sont réels, on l'a vu, le projet de loi « Ma Santé 2022 » dont l’enjeu clé est le numérique devrait permettre à ce marché émergent de décoller en fournissant le cadre réglementaire nécessaire à l’instauration de la confiance. En facilitant les échanges au sein de l’écosystème du numérique en santé (institutionnels, recherche, industriels) mais aussi avec les professionnels de santé et les patients, ce projet de loi permettra de faire en sorte que les cadres de référence s’adaptent à l’innovation.

Sources :

  • *Pipame – E-santé : Faire émerger l’offre française en répondant aux besoins présents et futurs des acteurs de santé
  • **Health apps market update, Reseach2Guidance
  • ***Emmanuel Gadenne, Guide pratique du Quantified Self

 

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